Le parcours pour devenir procureur fascine autant qu’il impressionne par son exigence ; celles et ceux qui s’y engagent découvrent un apprentissage riche, ou chaque année permet de toucher du doigt la complexité de la justice et prépare réellement aux réalités du métier. Si l’on détaille chacune des étapes de la formation en droit à la sélection à l’ENM, sans oublier l’expérience sur le terrain vous trouverez ici des repères pratiques, des retours de professionnels et quelques astuces pour rendre ce chemin plus accessible, et peut-être faire tomber les hésitations vers un engagement au service de tous.
Combien d’années d’études pour devenir procureur ?

Beaucoup s’interrogent sur la durée à prévoir, après le bac, avant d’accéder au poste de procureur. Il faut en pratique miser sur près de 8 ans d’études après le baccalauréat. Le chemin s’articule autour de cinq ans à l’université (licence et master en droit), puis une entrée très sélective à l’École nationale de la magistrature (ENM), avant de suivre une formation conventionnée et rémunérée de 31 mois à Bordeaux. Certains étudiants rapportent que si l’investissement peut sembler lourd, chaque étape donne du sens et développe les ressources propres à la fonction.
Pour mémoriser :
- Licence en droit (bac +3), puis master (bac +5) : la base universitaire
- Concours d’entrée ENM : une sélection nationale
- Formation ENM : 31 mois rémunérés à 1 680 € brut/mois
Le total approche donc 8 ans, et l’accès reste fortement concurrentiel, d’autant que les places sont limitées chaque annee.
Parcours académique : les étapes clés de la formation
Suivre pas à pas la chronologie des études permet d’y voir plus clair… et de garder la motivation face à la longueur du processus. Les étapes vers le métier de procureur sont nettes, mais chacune impose organisation, méthode , et parfois une vraie endurance (il arrive qu’on perde le fil, surtout en année de master !).
Licence et master en droit : le socle indispensable
La première grande étape consiste à obtenir une licence en droit, en trois ans après le bac, puis à poursuivre avec un master sur deux ans. Les universités offrent de nombreuses spécialités : droit pénal, affaires, international… Toutefois, un master généraliste suffit pour candidater à l’ENM. Certaines formatrices partagent que le choix d’une spécialisation peut favoriser la suite, selon les objectifs professionnels et les secteurs choisis. On constate régulièrement que le droit pénal attire de nombreux étudiants. Au fil des années, vous aurez sans doute l’occasion de croiser des enseignants qui vous encourageront à participer à des stages ou modules “prépa ENM”. Parfois, ce sont ces expériences qui font la différence.
Un point-clé à retenir : le cycle licence-master dure 5 ans. Dans certaines facultés, des options comme les modules d’initiation à la magistrature ou des stages en juridiction sont proposés (une ancienne auditrice évoquait combien cela lui a permis de se projeter avant même de tenter le concours).
IEJ et préparation au concours ENM : affûter son dossier
Après l’obtention du master, place à la préparation du concours de l’École nationale de la magistrature. Une grande majorité d’étudiants rejoignent alors un Institut d’études judiciaires (IEJ) lié à leur université. Ces IEJ mettent à disposition des cours spécifiques, des entraînements écrits/oraux et parfois des simulations de cas réels. C’est également un espace de rencontres : il arrive qu’un intervenant, magistrat ou avocat, partage une anecdote marquante lors d’une séance de préparation. D’ailleurs, certains professionnels estiment que cet environnement est au moins aussi utile que les révisions en solitaire.
En 2020, plus de 2 000 candidats se présentaient au concours externe pour seulement 192 admis. Ce chiffre illustre la forte compétition, dans la plupart des cas (est-ce décourageant ? Beaucoup se relancent malgré tout une seconde fois, sur le conseil d’un professeur). On peut supposer que ceux qui réussissent ont développé un profil résolument complet, à valoriser tout au long de leur parcours.
Accès et concours à l’ENM : voie principale et alternatives
Entrer à l’École nationale de la magistrature requiert de passer par le concours – il existe cependant trois dispositifs destinés à des profils variés. Chacun peut tenter sa chance, même dans le cadre d’une réorientation ou venant de la fonction publique judiciaire. Une formatrice rappelait récemment lors d’un atelier d’orientation qu’il n’y a pas de “profil type” unique…
Le concours externe : pour les étudiants ou jeunes diplômés
Il s’agit de la voie classique, réservée aux titulaires d’un master 1 en droit (bac +4) et accessible jusqu’à 31 ans au 1er janvier l’année du concours. Ce concours est connu pour sa difficulté : plusieurs épreuves écrites (dont une sur le droit pénal, civil, procédure), oraux, et grand entretien final. Il est conseillé fréquemment de consacrer une année entière à la préparation, parfois davantage certains auditeurs témoignent que cela leur a pris deux ans, pour s’entraîner et mûrir leur dossier.
En pratique : près de 200 places sont ouvertes chaque année, pour plusieurs milliers de prétendants, ce qui correspond à un taux de réussite inférieur à 10 %. Ce chiffre en dit long sur la sélectivité : il vaut mieux être bien informé et entouré pour maximiser ses chances.
Le concours interne et le troisième concours : pour les profils expérimentés
Le concours interne cible les fonctionnaires des juridictions ou autres administrations (après 4 ans de service). Le troisième concours concerne ceux justifiant d’au moins 8 ans d’expérience dans le secteur privé, le métier associatif, voire en tant qu’élu. Il est à noter que ces filières représentent une réelle opportunité pour des candidats en reconversion, parfois ignorée par les professionnels plus âgés. Les épreuves sont similaires au concours externe, mais réajustées au parcours de chacun.
Certains professionnels estiment que le troisième concours offre une vraie diversité de profils au sein de la magistrature, enrichissant la pratique du métier. Il n’est pas inhabituel qu’un candidat trentenaire découvre cette option presque par hasard lors d’un échange sur un forum juridique.
La formation professionnelle à l’ENM : 31 mois pour devenir magistrat
Une fois le concours franchi, l’aventure continue avec la formation à l’ENM, à Bordeaux. Elle s’apparente à une alternance ultra-intensive, professionnalisante et exigeante. Les élèves, appelés “auditeurs de justice”, alternent cours théoriques, immersion dans les juridictions (tribunaux, parquets, chambres d’instruction) et découvertes concrètes des métiers du droit. D’ailleurs, certains auditeurs parlent volontiers de la “vie de promo”, faite de partages, d’entraide… et de quelques soirées studieuses !
Organisation, contenus et rémunération
Environ un tiers des 31 mois se déroulent en stage pratique. L’immersion est totale : résolution de cas réels, simulation de procès, gestion de dossiers judiciaires, jusqu’à l’exercice provisoire du rôle de substitut au tribunal. La formation est rémunérée à 1 680 € brut par mois (variable selon l’ancienneté). Une formatrice de l’ENM indiquait récemment, lors d’un webinaire, que cette rémunération permet aux élèves de se consacrer pleinement à la formation, sans cumuler d’autres emplois.
Un aspect parfois peu connu : cette formation qualifiante est entièrement financée par l’État. À l’issue, le classement national détermine l’affectation de chaque magistrat débutant : il arrive que ce soit à l’autre bout de la France (une anecdote circule sur les affectations “surprise” en Outre-mer !). Ce système garantit l’impartialité mais implique une mobilité certaine, pas toujours évidente à gérer pour les nouveaux magistrats.
Début de carrière, évolutions et spécialisations possibles
Une fois diplômé(e) de l’ENM, la plupart du temps, on commence comme substitut du procureur. Cette première fonction ouvre la porte du monde de la magistrature, avec des dossiers toujours nouveaux à traiter et des responsabilités qui augmentent progressivement. Il n’est pas rare qu’un jeune substitut partage son étonnement face à la diversité des affaires abordées dès les premiers mois !
Évolution du poste : de substitut à procureur général
Après quelques années, la promotion vers le poste de procureur devient envisageable, le plus souvent en fonction de l’expérience accumulée et des compétences démontrées. Ensuite, certains se spécialisent : mineurs, trafic, cybercriminalité… tandis que d’autres montent vers des fonctions prestigieuses, comme procureur général près de la cour d’appel. Selon une intervenante lors d’un forum métiers, la spécialisation est parfois encouragée pour diversifier les pratiques, mais reste libre.
Échelle des salaires :
- Entrée (substitut) : 2 150 à 2 731 € brut/mois
- Fin de carrière (procureur général) : jusqu’à 7 000 € brut/mois
On peut penser que cette progression permet d’envisager une vie stable et reconnue, même si toutes les étapes requièrent persévérance et implication personnelle.
Ressources, tests d’orientation et guides pratiques
Se projeter sur ce type de parcours peut sembler ardu. Pour y voir plus clair et ne pas rester isolé(e), divers outils accompagnent chaque étape : tests d’orientation, guides métiers à télécharger, annuaires de formations juridiques, simulateurs en ligne… Quelques candidats racontent qu’un simple échange avec un magistrat a changé leur perception du métier.
Tout comme le parcours pour devenir procureur, le chemin pour devenir juge d’instruction : parcours, concours et réalité d’un métier clé de la justice exige une formation rigoureuse et une solide expérience pratique.
Pour mieux comprendre les critères d’évaluation dans le domaine juridique, découvrez comment devenir jury d’examen : guide complet pour professionnels engagés.
Tout comme pour le métier de procureur, comprendre comment devenir inspecteur de police : étapes, parcours et conditions nécessite de s’intéresser aux formations spécifiques et aux compétences requises.
À explorer :
- Le site du Ministère de la justice : modalités d’inscription, conditions actualisées
- Les fiches métiers interactives du CIDJ
- Des tests d’orientation gratuits via Studyrama, l’Étudiant, etc.
N’hésitez pas à solliciter une fac ou un IEJ pour recueillir un témoignage plus vivant : fréquemment, la discussion directe avec un étudiant ou un praticien débloque bien des questions.
Questions fréquentes et points de vigilance
À chaque étape, des incertitudes peuvent apparaître. Examinons quelques réponses issues des interrogations les plus partagées par les aspirants juristes :
Peut-on devenir procureur sans passer par l’ENM ?
Aucune autre voie n’est prévue : l’ENM fait figure de passage obligé pour tous les magistrats du parquet. À vrai dire, la sélection et la formation à Bordeaux restent incontournables.
Y a-t-il une limite d’âge pour le concours externe ?
Mieux vaut vérifier ce critère : il faut être âgé de moins de 31 ans au 1er janvier de l’année du concours (des exceptions existent toutefois pour les concours internes ou la troisième voie).
La formation ENM est-elle rémunérée ?
Oui, le statut d’auditeur de justice offre 1 680 € brut/mois. Certains évoquent que ce n’est pas un salaire de cadre, mais il permet de vivre tranquillement durant la durée de la formation, sans la pression d’un emploi étudiant à côté (c’est une aide bienvenue !).
Bon à savoir
Je vous recommande de profiter de cette rémunération pour vous consacrer pleinement à votre formation sans distraction liée à un emploi étudiant.
Et pour ceux qui changent de vie ou envisagent une reconversion ?
Le troisième concours de l’ENM cible précisément ce public : professionnels du privé, responsables associatifs ou élus, avec minimum 8 ans d’expérience. Cette alternative attire chaque année des trentenaires (voire quadragénaires) en quête de sens, parfois après avoir découvert la magistrature sur le tard.
Quelle répartition hommes-femmes actuellement ?
En 2019, 26 % des procureurs étaient des femmes, et ce pourcentage tend à progresser régulièrement. La parité constitue désormais un vrai sujet pour la magistrature : une responsable RH du ministère confiait récemment que les actions en faveur de l’équilibre sont devenues structurelles.
Petit conseil bonus :
Discuter avec un substitut ou un auditeur de justice en activité peut offrir un regard concret (voire franchement rassurant, avec parfois des anecdotes inattendues !) sur la réalité de la formation. Si vous en avez la possibilité, allez vers les journées portes ouvertes ou les forums d’orientation : ces moments d’échange sont parfois décisifs dans un parcours d’engagement.



